Poêmes et Textes de Déèm. Photos Dessins
Femme oubliée 1995
Dans le sombre couloir brillaient deux perles noires.
Deux yeux comme des bras qui se tendaient vers moi,
Comme un cri de détresse, un dernier s.o.s.
Au bas d’un escalier, un corps abandonné,
Les pieds nus attachés, les cheveux emmêlés.
N’a plus besoin de rien, n’aura plus de demain.
Elle n’était pas d’ici, ce n’était pas son quartier
Une femme violée est morte assassinée.
Ses amis, ses parents pourront bien la pleurer,
On ne saura jamais vraiment la vérité.
Demain dans le journal un fait divers banal,
C’est tout ce qu’on saura de la femme violée.
La robe déchirée sur un corps un peu frêle
Tout le sang de son cœur coulait dans la ruelle,
Comme un trop lourd silence,la mort était en elle.
C’est comme au cinéma, c’est comme à la télé,
Les images en couleurs ne font plus vraiment peur,
Mais la mort pour de vrai n’est pas ce que l’on croit.
Et là sur le papier comme en publicité,
Une vie effacée n’a plus d’identité,
Quelques jours vont passer et on va l’oublier.
Où sont passés les hommes qui avaient des idées,
Qui devaient protéger toute la société.
Dans leur coin de soleil, ils font la sourde oreille.