Paris métro
Les lumières de la ville, auréoles blafardes
Se fondent doucement dans la lumière du jour.
Sur les trottoirs mouillés, les hommes noirs et verts
Poussent de leur balaie, des déchets, des papiers.
Au milieu des voitures, la bouche grande ouverte
Rejette ou englouti des milliers de silhouettes
Les barrières électriques, les portes automatiques
Avalent les tickets chics et poussent par petits chocs.
Dans les couloirs d’affiches aux murs de mosaïques
Où des musiques moites s’entrechoquent et se perdent,
Les bruits ont un parfum de couleur tout gris sale,
Et l’épaisse fumée éteint tous les visages.
Comme un torrent s’apaise au sortir de l’estuaire,
La foule s’éparpille et attend le feu vert.
Au delà du fossé noir et inquiétant
Une autre foule est là qui piétine et attend.
Le grondement roulant aspire dans son ventre
Tous ces êtres pensant qui se tassent au dedans.
Le nez sur le carreau, secoué de temps en temps,
Je traverse la nuit des souterrains fumant.
Basculé, bousculé par l’arrière par l’avant,
Je me fais éjecté dans une autre clarté
Et le torrent m’entraîne sur un tapis roulant
Où des énergumènes font des pas de géant.
Nous sommes des milliers dans ce grand labyrinthe
Et avec de la veine on en ressort vivant
En haut de l’escalier on rentre dans la fête
Des millions de voitures soufflent dans leur trompette,
Leurs petits sauts de puces ne leur suffisent pas
Elles ont d’autres astuces mais roulent toujours au pas
Il fait un peu plus clair, il y a moins de fumée
En regardant en l’air, je voudrais m’envoler……